Fureur et décadence des titres parus

 

Des oeufs patriotiques

" - Qu’as-tu à rester assis là, Mirtcho, comme si tu t’étais égaré? fit en entrant dans l’étable sa mère, une paysanne menue, courbée, d’une cinquantaine d’années, dont le corps maigre était couvert d’une tenue traditionnelle. La bête est sur le point de gonfler, elle s’étrangle à force de brailler et lui, regardez-moi ça, il se rafraîchit sur les télégas! fit-elle avec aversion mais, s’approchant de l’homme sur la charrette, elle se radoucit et, fixant son visage et sa tête penchée, se sentit déjà inquiétée pour de bon. Qu’as-tu, mon fils? C’est quoi que t’as rapporté ce vagabond de Donyo, hein?

Miroslav ramassa la lettre du sol et se mit à lire à voix haute et dépourvue de toute intonation le texte standard de la circulaire: « …vous, l’ex-garçon d’écurie du 16e escadron … êtes invité à la rencontre des vétérans … à Sofia, le 14 juin … »

La femme s’essuya la main sur son tablier et caressa la tête de son fils. Puis elle lui demanda sur un ton empreint d’un léger reproche:

- Mais voyons Mirtcho, que s’est-il donc passé!? Tu te rendras à Sofia, tu verras tes anciens camarades! Tu devrais plutôt t’en réjouir et non, comme toi, te blanchir « à la chaux » de la tête aux pieds!

- Ben oui! Ben oui! J’vais y aller, moi, j’ vais y aller! Allons dîner parce que j’ai mon ventre qui gargouille, répondit, la voix gênée, le jeune homme à sa mère, les yeux fixant toujours le sol.

- Sa bedaine gargouille, hein?! La vache va crever de lait, et lui qui veut bouffer! Tu es bien cinglé, mon fils! C’est d’une femme que tu as besoin, d’une femme! C’est à elle que tu devrais commander pour qu’elle te mette la table! Tu mourrais vieux garçon! Les tendres sentiments maternels s’évanouirent aussi vite que…"


Lisez un extrait du livre…

 

 

"Fromage(wall)"

"... - Je suppose que vous serez intéressé par le fait qu’aujourd’hui, avant d’aller au travail, au libre-service «Bulgaristar», j’ai mangé deux plats de tripes de veau saignantes.

- Debout, Mademoiselle Oldmann, - commanda l’inspecteur et, du premier coup, ôta la jupe de la jeune fille qui était en train de se lever. Puis, il lui retira le slip et, enfin, lui fourra entre les jambes une couche aux dimensions d’un oreiller d’enfant qu’il avait sortie d’une enveloppe jaune portant l’étiquette «Sous le sceau de la stérilité».

- Asseyez-vous, Mademoiselle Oldmann! et il lui indiqua le fauteuil roulant derrière elle que conduisait un des sous-officiers. Voiture 057 vers l’entrée B23! Et en vitesse! hurla dans le micro de son téléphone mobile le commandant de la troupe chargée des opérations rapides."

Lisez un extrait du livre…

 

 

"La Photo"

" ... Les yeux de Jelinovskii, rouges comme des tomates sauvages volantes de Zanzibar, regardaient fatigués la Chienne Zéder qui, depuis 7 heures 28 minutes déjà, «restait assise» (expression marquant l’apogée du talent linguistique d’un des peuples balkaniques) toujours à la même place, là où l’équipe de Clara l’avait découverte. La jeune femme à ses côtés s’était endormie. Il décida d’en faire de même. Il alla aux toilettes, guidé par son pilote automatique interne et, en pilotant automatiquement, se mit à uriner. A ce moment, il entendit la voix de Willie-Willie: «Mon Colonel, Mon Colonel, elle a disparu!!!».

Pissant sur sa culotte, Jelinovskii se précipita vers la chambre. Il vit d’abord le regard vitreux de Clara, se retourna sur lui-même, n’entrevoyant qu’un instant la grimace d’horreur déformant le visage de «son intérimaire», puis son ventre, tandis que l’image de l’écran se mit à sauter de façon chaotique avant de disparaître totalement ..."

Lisez un extrait du livre…

 

 

"Modo"

" ... On informe également de l’existence de quelque île Ibati-i-bati des îles Kiribati! En voici les cartes. – Il lança violemment au-devant du soldat Ham interloqué un épais dossier en carton, tout en loques. – Tu trouves cette île et ... - Aïe Aïe but encore une gorgée du lait de son chef.

« Aïïïïïïïïe! Nouvelle mission, hein? » En l’espace d’une seconde un rayon lumineux réussit à percer la caverne obscure de l’ex-capitaine Lou Ham. Mais le colonel au lait poursuivit dans le même esprit:

- Puisque c’est toi qui t’étais occupé de la piste espagnole, va te faire foutre, que de toi ne subsiste aucune trace, de toi, le maudit effaceur de traces ! repartit en coup de fureur, de foudre et de tonnerre le cadre supérieur de la police.

- Tu trouves cette île sur la carte, tu établis une liaison avec nos collègues des îles Kiribati et tu leur envoies la description de ton Espagnole ainsi qu’une demande de renseignements : ne l’aurait-on pas vu par hasard autour de l’île Ibati-i-bati? Vu?“

Lisez un extrait du livre…

 

 

"Le Metteur en scène"

" ... - Il m’est difficile de me mettre au ton de vos plaisanteries, Monsieur Volant! Dites-moi plutôt, croyez- vous, vous –même, aux présages, aux pressentiments, comprenez-vous les messages symboliques qu’ adressent à votre sujet les amis, les jaloux?

- Je ne m’en-té-res-se, pardonnez-moi la nouvelle plaisanterie, à aucun « pré… » ! Les insinuations outrageantes je les ressens tout de suite, mais je ne le reconnais jamais pour ne pas paraître vexé car, ainsi, je m’abaisserais au niveau des hypocrites qui ont osé comparer leur piteuse cervelle à la mienne, celle du plus grand symboliste de notre famille de faiseurs de vin ! Ha! ha! ha !!!

- Notre conversation d’aujourd’hui n’a pas l’air de marcher du tout! Je vous rappelle prochainement ou quoi?

- Comme vous voulez, Mademoiselle! Je me garderai tout simplement de faire quelque commentaire que ce soit sur ce livre qui est d’une telle franchise et d’une telle sincérité que je commence à avoir honte d’avoir pu écrire une pareille sottise!!! J’attendrai de produire quelque chose de plus intéressant.

- Jusqu’à quand? Cancan, cancan? Bla-bla-bla! Par cette citation je termine notre entretien de citations, Monsieur le Plaisantin."

 

Lisez un extrait du livre…

 

 

"Ciao!"

" – Tu n’aurais pas besoin de broussailles pour une tombe, mon...?

- Je suis envoyé par le shérif pour lui acheter un bouquet de cannabis fleuri pour le seizième anniversaire de sa fille cadette! c’était mon « Bonjour, mon vieux!…»

C’est peut-être par ce dialogue que nous faisons notre première rencontre avec un narrateur excentrique, par endroits cynique, mais sans aucun doute passionnant.

Narrateur et non pas écrivain ou philosophe car spectateur à distance, égoïste et apathique, souvent un voyeur ironique des rôles humains dans un théâtre de genres différents, aux rôles différents, aux décors différents et également parce qu’il considère « la vie comme un spectacle en direct si cruel et vulgaire».

Et maintenant, les paroles étranges « Tchusse-tchusse, laga mousse…. » continuent à résonner comme une menace, une bénédiction ou une sinistre conjuration, prononcées par un homme étrange, se tenant près d’un grand arbre, monté sur un cheval mutant au bord d’un ravin.

Ciao !

Pour le moment."

Lisez un extrait du livre…

 

Български Русский English Français